Catégorie : Général

Annick, animatrice à la crèche

annick

  • Bonjour Annick, depuis combien de temps travaillez-vous à la crèche de Richardménil « La Forêt enchantée » ?

Je travaille à la crèche depuis le 25 Août 2011, cela fait trois ans.

 

  • Quelle y est votre fonction ?

Aujourd’hui, je suis animatrice de la petite enfance et j’exerce auprès du groupe des grands qui ont entre 2 et 3 ans.

 

  • Vous n’avez pas toujours exercé cette profession, qu’est-ce qui vous a poussée à travailler avec de très jeunes enfants ?

En effet, j’ai d’abord été engagée pour effectuer des tâches administratives au sein de l’Association les BéBéBugs. Mais au bout de 18 mois, je me suis rendue compte que j’avais vraiment envie de m’occuper des enfants que je croisais quotidiennement sur mon lieude travail, c’était frustrant… J’ai donc entamé un CAP Petite Enfance qui m’a ramenée sur les bancs de l’école, tout en continuant à travailler à la crèche. Dorénavant, je me consacre uniquement à l’encadrement des enfants, je regrette même de ne pas avoir choisi cette voie plus tôt !

 

  • Quelles sont les qualités nécessaires, selon vous, pour exercer des fonctions auprès des petits ?

Pour moi, il faut d’abord beaucoup de patience, de la tolérance, de l’écoute envers les enfants et une véritable volonté de les accompagner ! Je crois qu’il est aussi nécessaire d’avoir des valeurs à transmettre, comme le respect de l’autre, la politesse, par exemple. On doit aussi se montrer très vigilant à la sécurité, à l’hygiène… Il faut savoir s’adapter jour après jour aux besoins des enfants, les activités prévues la veille doivent parfois être complètement modifiées pour répondre aux attentes des petits.

 

  • Si vous aviez un conseil éducatif à nous confier, lequel serait-ce ?

Faites confiance aux enfants qui sont plein de ressources ! Adaptez-vous à leurs besoins fondamentaux, laissez de côté les idées préconçues et les héritages familiaux en matière d’éducation.

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L’enfant et l’aventure du langage

langageTout enfant naît avec la faculté d’acquérir le langage, avec en particulier un cerveau neurologiquement prédisposé à cet apprentissage, hérité génétiquement de nos ancêtres.
L’homme est en effet depuis son origine un « animal social » pour qui le langage a été un avantage adaptatif, dépassant la simple communication sensorielle, corporelle, vocale, animale, pour renforcer les liens sociaux et faciliter les actes immédiats de la vie quotidienne, puis transmettre les nouveaux savoirs, d’abord par le biais d’une parole élémentaire.
On peut citer entre autres le gène FOXP2 dont on sait qu’il joue un rôle actif dans le développement des régions du cerveau liées à l’apprentissage des langues, en particulier les aires de Wernicke (dédiée au développement de la compréhension orale) et de Broca (dédiée au développement de la parole). Mais cela s’enracine de manière bien plus large dans le développement des capacités cognitives qui permettent ces apprentissages complexes, corrélé à l’augmentation de la boîte crânienne et du volume cérébral, associé à la descente du larynx permettant de libérer et de diversifier les productions vocales…
Ce gène a notamment été retrouvé dans des ossements d’homme de Neandertal.

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Voilà donc le premier point d’ancrage du langage, dont le bébé hérite le plus simplement du monde, après des milliers d’années d’évolution…

Cependant, si cette base est un pré-requis « inné », le langage ne se développera qu’au contact de la langue maternelle, dans une relation affective et éducative favorable.

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On sait aujourd’hui qu’il existe une période critique à ce niveau, lors de la petite enfance et de l’enfance, avec pour borne l’âge de 5 ans. On peut citer l’exemple des « enfants sauvages » privés de l’exposition au langage durant cette période et qui n’ont pu développer par la suite qu’un langage rudimentaire.
L’immersion dans le bain de langage commence très tôt, dès la vie intra-utérine. Du point de vue anatomique, l’audition est possible à partir du cinquième mois de grossesse. Des études rapportent que le fœtus serait capable de mémoriser la voix de sa mère ou même certaines mélodies avec une capacité de discrimination très surprenante. Le bébé naît ainsi avec la faculté de discriminer les phonèmes ou sons de toutes les langues au monde, ce dont l’adulte est incapable.
Ainsi, parler à son bébé est très important, dès la phase de grossesse.
Après la naissance, c’est par l’interprétation des pleurs (pourtant réflexes) du bébé que celui-ci rentrera plus tard dans des productions intentionnelles. C’est donc la mère qui va véritablement donner de l’intentionnalité à son enfant. Le moteur du langage est bel et bien la parole qui va lui être adressée directement et régulièrement dans son quotidien, dans une relation affective sécurisante.
À quelques mois de vie, le bébé produit des gazouillis, puis du babil plus diversifié, correspondant à un véritable rodage du larynx. C’est également au passage un fort stimulant pour les parents, qui y réagissent, les répètent, les commentent, les interprètent…
Vers l’âge de 9 mois, le bébé rentre dans des productions phonétiques stables qu’il prend plaisir à répéter, ressemblant à des pseudos-mots.
S’ensuit souvent une période de silence, où l’enfant développe sa compréhension. L’enfant comprend que les mots ne servent pas qu’à produire une musique agréable, mais qu’ils servent à évoquer des choses souvent absentes.

Vers l’âge de 12 mois se produit le miracle du premier mot, très attendu par l’entourage, puis le lexique va connaître une croissance régulière.
À 18 mois, le petit enfant rentre en douceur dans la syntaxe, grâce à la juxtaposition de mots. L’accès à la syntaxe va permettre de structurer le lexique et soutenir son explosion future.
À 2 ans, il se nomme par son prénom ou par « moi », commence à employer des adjectifs ou des verbes, conjugués ou non.
À 3 ans, il confirme son statut de locuteur et sa différenciation en accédant au « JE » tellement important au niveau de la communication et également de sa construction psychique.
Jusqu’à 12 ans, les structures de phrases vont encore s’affiner et l’acquisition de nouveaux mots peut durer toute la vie ! On estime que le vocabulaire exprimable se situe en moyenne à 50 000 mots, avec des spécificités propres à chacun en fonction de ses centres d’intérêt et de sa profession, sachant que l’on comprend toujours plus de mots que l’on ne peut en exprimer…photo3

Le langage écrit est beaucoup plus récent au niveau de l’évolution. Il remonte à peu près à 4000 ans avant Jésus-Christ, avec l’apparition de tablettes pictographiques en Mésopotamie. Il répond à un besoin de communication plus poussé: sortir de l’immédiateté et de l’évanescence de la parole, soutenir la transmission durable du savoir …
L’enfant va quant à lui passer par différents stades, entre l’âge de l’école maternelle et l’école élémentaire :

  •  logographique : l’enfant reconnaît des logos caractéristiques de certains mots désignant des marques (le « M » si caractéristique du Mac Donald’s en est un exemple, que les enfants savent repérer vite et de loin), la forme globale de son prénom,
  •  le stade alphabétique, avec accès aux premières conversions entre les lettres et les sons, différenciation des lettres proches à la fois aux niveaux sonore et visuel,
  •  le stade orthographique où il développe deux stratégies fondamentales :
    • l’assemblage ou combinatoire, véritable moteur de la lecture, avec mise en jeu de toutes les conversions de manière stable et efficace,
    • l’adressage ou reconnaissance directe de mots dont la forme est stockée en mémoire à long terme, permettant un accès rapide au sens,
  • puis il rentrera doucement dans des stratégies de lecture de textes et de livres en faisant appel au contexte, à ses connaissances, à des hypothèses de lecture confirmées ou infirmées par la suite. Il pourra réaliser une anticipation des mots suivants à partir de ce qu’il vient de lire, réaliser un tri d’informations pour accéder à la trame du récit narratif…

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L’orthographe se développe parallèlement à la lecture.
L’enfant maîtrise d’abord l’orthographe alphabétique et phonétique (savoir écrire un son, puis une syllabe simple, un mot régulier).
Puis vient la mémorisation de l’orthographe d’usage ou conventionnelle des mots (importante vu notre langue, qui est loin d’être phonétique, car très irrégulière).
Pour finir, l’enfant rentre dans le respect des règles de syntaxe et d’orthographe relationnelle, grammaticale.
L’enfant apprend donc à écrire son prénom, puis les sons, des mots réguliers, des mots mémorisés, puis des phrases courtes puis complexes, des textes…
Il automatise les différentes procédures afin de se détacher des tâches de base et rentrer dans la compréhension et l’expression fines.
Le langage écrit s’enracine dans un langage oral bien construit, avec des facteurs associés très importants, entre autres:

  • le développement de la conscience des syllabes et des sons,
  • le repérage visuel, spatial et temporel,
  • la mémorisation…

Le rôle des parents est très important face au développement du langage dans son ensemble.

photo5Très tôt, il convient de donner un statut de locuteur à son enfant, de lui adresser un langage adapté à la maturation de sa pensée, riche en affects, en intention, en intonation…
Il faut poser des mots et des phrases sur ce qu’il vit, dans son quotidien, lui permettre de rentrer dans un bain de langue maternelle dédiée.
La parole de l’adulte sert de modèle à l’enfant, mais il ne faudra pas tomber dans des demandes de répétition que l’enfant ne peut pas réussir.
Il faut également lui proposer des lectures, des livres, le plaisir ressenti lors de ces situations sera indispensable à l’entrée dans le langage écrit!
Il semble également très important de laisser une place à l’émergence de demandes, en évitant d’anticiper tous les besoins de l’enfant.
L’audition est un sens fondamental à l’acquisition du langage oral: soyons vigilant quant aux oreilles de notre enfant: réagit-il bien à la voix chuchotée ?

 

Même si chaque enfant progresse à son propre rythme, voici quelques repères:

  • à 3 ans, on commence à parler de retard de langage si l’enfant n’accède pas au je, à un lexique et une syntaxe minimales,
  • à 4 ans, on parle de retard de parole si l’enfant simplifie les mots en oubliant, remplaçant ou déplaçant les sons voire les syllabes qui les constituent,
  • à 5 ans, on évoque des troubles d’articulation si l’enfant déforme un son particulier (le “CH” par exemple)
  • à la fin du CE1, on commence à parler de dyslexie, trouble spécifique de la lecture, si l’une ou l’autre des stratégies de lecture est perturbée (l’enfant confond des lettres, des mots, ne réussit pas à faire appel à la combinatoire…). La dysorthographie, trouble d’accès à l’orthographe, sera visible dans ses productions écrites.

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Cas particulier du bégaiement:
Aux alentours de 4 ans, l’enfant peut passer par une phase transitoire de bégaiement physiologique: il y a un décalage entre sa pensée et son langage, il pense plus vite qu’il ne parle, ce qui provoque des achoppements…
Ce trouble peut déboucher sur un véritable bégaiement, il vaut donc mieux consulter tôt en cas de difficultés durables, beaucoup plus faciles à prendre en charge au départ!

photo7Deuxième cas particulier, la déglutition.
La déglutition s’effectue en mode succion/déglutition au début de la vie, puis passe également par une phase de maturation. Cependant, si la langue reste en mauvaise position une fois les dents définitives, contre les dents, ou entre les dents, la langue va appuyer contre elles et entraîner des déformations que les orthodontistes devront prendre en charge. On déglutit en moyenne 1500 à 2500 fois par jour, avec une force musculaire capable d’influencer le développement du massif facial et dentaire!
La déglutition primaire est souvent en lien avec des mauvaises habitudes de succion ou de respiration par la bouche.

photo8Dernier cas particulier, la pensée logique et mathématique.
Là encore, l’enfant va passer par différents stades.

  • 0 à 2 ans

Le premier stade, qui s’étend de la naissance à environ 2 ans, est le stade sensorimoteur. Durant cette période, le contact qu’entretient l’enfant avec le monde qui l’entoure dépend entièrement des mouvements qu’il fait et des sensations qu’il éprouve. Chaque nouvel objet est brassé, lancé, mis dans la bouche pour en comprendre progressivement les caractéristiques par essais et erreurs. C’est au milieu de ce stade, vers la fin de sa première année, que l’enfant saisit la notion de permanence de l’objet, c’est-à-dire le fait que les objets continuent d’exister quand ils sortent de son champ de vision.

  • 2 à 7 ans

Le deuxième stade est celui de la période pré-opératoire qui débute vers 2 ans et se termine vers 6 – 7 ans. Durant cette période, l’enfant devient capable de penser en termes symboliques, de se représenter des choses à partir de mots ou de symboles. L’enfant saisit aussi des notions de quantité, d’espace ainsi que la distinction entre passé et futur. Mais il demeure beaucoup orienté vers le présent et les situations physiques concrètes. Sa pensée est aussi très égocentrique.

  • 7 à 12 ans

Entre 6 – 7 ans et 11-12 ans, c’est le stade des opérations concrètes. Avec l’expérience du monde qui s’accumule en lui, l’enfant devient capable d’envisager des événements qui surviennent en dehors de sa propre vie. Il commence aussi à conceptualiser et à créer des raisonnements logiques qui nécessitent cependant encore un rapport direct au concret. Un certain degré d’abstraction permet aussi d’aborder des disciplines comme les mathématiques où il devient possible pour l’enfant de résoudre des problèmes avec des nombres, de coordonner des opérations dans le sens de la réversibilité, mais toujours au sujet de phénomènes observables.

  • 12 à 15 ans

Finalement, à partir de 11-12 ans se développe ce que Piaget a appelé les opérations formelles. Les nouvelles capacités de ce stade, comme celle de faire des raisonnements hypothético-déductifs et d’établir des relations abstraites, sont généralement maîtrisées autour de l’âge de 15 ans. À la fin de ce stade, l’adolescent peut donc, comme l’adulte, utiliser une logique formelle et abstraite. Il peut aussi se mettre à réfléchir sur des probabilités et sur des questions morales…

On voit donc que le raisonnement logique et mathématique s’enracine dans le quotidien. Il est important de permettre à l’enfant de faire des expériences variées, par exemple en mettant la table (ce qui renvoie à un certain nombre de personnes), en lui faisant acheter du pain à la boulangerie (ce qui renvoie à la valeur du nombre, à des premières opérations de base)…
À l’école primaire, certains enfants peuvent être en difficulté face au raisonnement logique et mathématique et développer une dyscalculie. Un bilan auprès d’un orthophoniste spécialisé dans ce domaine s’impose…

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Conclusions : le langage est un outil merveilleux, transparent pour l’adulte, mais qui renvoie à une histoire très riche au niveau de l’enfant et de notre espèce. En cas de difficultés particulières, il vaut mieux consulter un orthophoniste, en se référant aux repères d’âge mentionnés plus haut.
L’orthophoniste réalisera un bilan qui déterminera le besoin ou non d’une prise en charge spécifique. L’approche sera classiquement rééducative. Cependant, face à des difficultés durables, elle pourra être également réadaptative, compensatoire, en permettant par exemple à un enfant dyslexique d’accéder à un ordinateur et des logiciels spécifiques pour l’aider à lire et à écrire afin de se consacrer à la vraie problématique: son épanouissement scolaire et personnel, son autonomie future…

Sébastien OREL
Orthophoniste à l’IRR (Institut de Rééducation et de Réadaptation, filière enfance).

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Conseils (de dernière minute) pour réussir le Brevet des collèges en Histoire-Géographie-Education civique


red_armyTous ces conseils vous sont prodigués par Serge Léon (pseudonyme), professeur d’Histoire et de Géographie

 

  • TRAVAILLER

Il reste seulement un mois avant les épreuves écrites du Brevet. Dans la mesure où les nouvelles épreuves en histoire-géographie-éducation civique sont pour beaucoup axées sur les connaissances, il est absolument indispensable de réviser ses leçons de l’année de 3ème et ses repères historiques et géographiques des années précédentes (récapitulés dans le manuel de 3ème). Pour cela, on peut simplement lire ses leçons plusieurs fois, ou les résumer (sous formes de fiches) en ne conservant que les événements importants, les dates, les exemples significatifs, les données chiffrées majeures, etc…

  • S’ORGANISER

Pour être réellement efficace dans ce travail d’apprentissage et/ou de révision, l’organisation est un atout capital. Le mieux est d’élaborer un planning (à enregistrer sur le portable), qui permet de savoir quels chapitres et quels repères on révise chaque jour jusqu’au Brevet. Il est en effet essentiel, pour ne pas être débordé, de diviser le travail à faire, et de consacrer chaque jour au moins une demi-heure, voire une heure si c’est possible (plus le week-end, pourquoi pas deux heures le samedi et le dimanche ?) à l’histoire-géographie-éducation civique.

  • S’ENTRAÎNER

Afin de rendre vivantes les connaissances ingurgitées en solitaire, il est bon de prévoir des entraînements collectifs. Avec plusieurs amis / camarades, n’hésitez pas à vous retrouver pour vous interroger, ce qui peut également permettre de réexpliquer certaines choses plus ou moins bien comprises. Seul ou à plusieurs, on peut également trouver sur internet, à l’aide de n’importe quel moteur de recherche, des anciens sujets de Brevet tombés l’année dernière, en France ou dans les lycées français à l’étranger, ainsi que des exercices de repérages (sous formes de quizz, par exemple : http://www.ac-grenoble.fr/histoire/tice/college/repere_chrono_col/index.htm).

 

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Vote consultatif pour l’organisation des TAP


Print - copieSuite aux nouveaux commentaires du Ministre de l’Education Nationale, M. Hamon, sur les Temps d’Activités Périscolaires (TAP) (cliquez ici pour voir l’article), les représentants de parents de l’Ecole Maternelle Jacques Prévert ont écrit un courrier à la municipalité (voir ci-dessous) qui propose de regrouper toutes les TAP sur une après-midi de trois heures pour chaque classe et ont eu un entretien (cliquez ici pour voir l’article) le 7 mai avec M. Appert-Collin, premier adjoint en charge des écoles.

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Enseignant absent non remplacé : et les enfants ?

Depuis le mois de janvier, une enseignante de l’école élémentaire exerçant à temps partiel dans plusieurs classes ( CM2, CE2,…) est absente et non remplacée ou très ponctuellement.

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